Construire en bois à Lausanne 3/3Une plateforme régionale, qui centraliserait les demandes locales de bois, devrait être créée dans le cadre du Parc périurbain du Jorat.

La Ville de Lausanne a présenté la semaine passée sa «stratégie municipale pour le patrimoine arboré et forestier lausannois». Parmi ses buts, on trouve l’utilisation du bois de ses 1500 ha de forêts dans la construction.

On peut s’étonner alors que le projet communal «En Cojonnex» n’utilise pas la filière lausannoise du bois. Pas assez d’offre pour une telle demande? «Non, la ressource est disponible!» assure Etienne Balestra, chef du Service des parcs et domaines (SPADOM). Une procédure des marchés publics qui empêche d’exiger du bois lausannois? Toujours pas. «Pour l’extension du collège de Béthusy, qui sera réalisée entièrement en bois lausannois début 2021, nous avons sorti le lot des marchés publics et fourni le bois», explique le chef de service. Un coût prohibitif alors? «En produisant local et en limitant les transports, on doit arriver à être moins cher», promet Etienne Balestra.

«La Ville doit être exemplaire»

L’origine de cette défection est plutôt à chercher du côté politique. «Depuis 2016 (ndlr: En Cojonnex a débuté en 2014), le SPADOM et le service d’architecture de la Ville sont tous les deux dans ma direction, c’est idéal! se réjouit la municipale Natacha Litzistorf. La constellation dans la région, véritable «Silicon Valley» du bois, et la volonté politique forte de la Ville et du Canton nous aidera à construire vraiment local.» La municipale reconnaît les améliorations possibles au niveau de l’organisation de la filière bois: une plateforme régionale, qui centraliserait les demandes locales de bois, devrait être créée dans le cadre du Parc périurbain du Jorat. Mais elle ajoute qu’«une planification plus anticipée de la part du constructeur est nécessaire», car les fenêtres d’opportunité de coupe du bois sont courtes et le séchage prend du temps.

Si Natacha Litzistorf observe que les propositions en bois sont de plus en plus nombreuses dans les concours publics, elle souligne aussi que la Ville peut inciter les privés à y recourir: «Et on peut encore mieux le faire si on est exemplaire», conclut-elle.

Cécile Collet

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