Le Conseil communal de la capitale vaudoise a adopté la charte et le contrat de parc par deux tiers des voix mardi soir (11.02.2020).

Le projet du Parc naturel périurbain du Jorat (PNJ) a fait un bond en avant vers sa concrétisation mardi soir. Par deux tiers des voix (55 oui, 26 non et 2 abstentions), le Conseil communal de Lausanne a en effet adopté la charte constitutive, le contrat de parc, le plan de gestion 2021-2024 et son budget, ainsi que le principe de la constitution de l’association Parc naturel du Jorat, qui sera chargée de le gérer. La prochaine étape à franchir pour le projet sera la mise à l’enquête publique de la décision de classement de la zone centrale, qui devrait se faire dans les prochaines semaines. L’objectif est toujours de créer formellement le parc au 1er janvier prochain.

Comme le résultat du vote le symbolise, la décision de mettre en réserve 444 hectares de forêts lausannoises — environ un tiers des bois de la Commune et l’équivalent de plus de 500 terrains de football — ne s’est pas fait sans discussions. Si la cause était acquise pour la gauche du Législatif, le PLR a proposé un amendement, soutenu par les Verts, qui demandait la mise en place d’un monitoring plus serré pour pouvoir mesurer les futurs effets de la création du parc. Seuls l’UDC et ses cousins du PLC se sont clairement opposés au projet, mettant en avant les restrictions de liberté et le principe qu’une forêt doit être entretenue pour être en bonne santé.

Situées dans le même périmètre, les éoliennes du projet Eol-Jorat Sud se sont aussi invitées dans les débats. Ces hélices nécessiteront en effet chacun une socle composé de 600 tonnes de béton. «Et on nous parle de biodiversité!» s’est emportée l’UDC Anita Messerre. Le municipal Jean-Yves Pidoux a toutefois assuré que les deux projets étaient parfaitement compatibles, comme l’a encore validé la Cour de droit administratif et public du canton.

Enfin, plusieurs orateurs ont évoqué les communes voisines, qui ont rejeté le premier projet de parc, en souhaitant que l’avenir les fasse revenir sur leur décision. Tout en regrettant l’absence de ces communes limitrophes, le conseiller communal socialiste Joël Teuscher a félicité la Municipalité d’être allée jusqu’au bout. «Grâce à elle, nous avons la chance de pouvoir matérialiser ce soir un acte concret en faveur de la nature et du climat ».

Sylvain Müller

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