Les intervenants, de gauche à droite: Maxime Rebord, Anne Marion Freiss, Vincent Mercier, Sophie Chanel, René Pernet, Daniel Cherix et Roland Bulliard. (Photo : Dany Schaer)

L’Association «Jorat, une terre à vivre au quotidien» organisait le 25 avril dernier une soirée d’information concernant l’état du projet et son programme d’activités 2018. Une belle brochette d’intervenants et d’invités convaincus par le projet ont prolongé la soirée avec une visite guidée du zoo par son directeur Roland Bulliard avant de déguster un apéritif dînatoire préparé par L’Armoire à Brume de Servion.

Après le mot de bienvenue, la présidente et préfète Anne Marion Freiss rappelle que le projet concerne treize communes, lesquelles soutiennent l’étude qui conduira à déposer une demande pour la création d’un Parc naturel du Jorat dans leur région.

Sophie Chanel, cheffe de projet, rappelle que ce parc propose de préserver un coeur de nature dans les bois du Jorat. Une zone réservée de 4 km2, calme et sans intervention humaine, représentant 10% de la superficie totale du parc. Cette région subissant une forte pression démographique, l’espace réservé restera intact pour les générations futures. Le parc naturel pour tous prévoit que promeneurs, cavaliers, amateurs de champignons, raquettes et ski de fond, vélo et VTT, courses d’orientation auront
à disposition 90% du bois.

Pour Daniel Cherix, biologiste de l’Université de Lausanne, l’objectif «Nature préservée» se fera par la création d’une réserve forestière naturelle. Selon la Confédération, depuis 1900, la biodiversité a dramatiquement reculé en Suisse et la situation actuelle est alarmante. Plus d’un tiers de toutes les espèces étudiées est menacé. Mettre en réserve une petite partie du Jorat offrira un lieu préservé pour les oiseaux, les amphibiens, les insectes et autre petite faune.

Maxime Rebord, responsable des animations, souhaite augmenter la visibilité du projet et donner au public ainsi qu’aux écoles l’occasion de découvrir ce patrimoine riche et varié. Le programme des activités est consultable sous www.jorat.org

Vincent Mercier, directeur de l’Office du tourisme Echallens région, aborde la question du tourisme doux et de la mobilité douce. Si l’on se démarque du tourisme de masse, le visiteur deviendra observateur et non pas seul consommateur.

René Pernet, directeur de la Fromagerie du Haut-Jorat, rappelle que les parcs suisses sont des outils de valeur ajoutée dans les domaines touristiques et artisanaux locaux. Le Parc du Jorat sera ainsi un cadre pour les filières économiques de la région.

Sébastien Droz, de Lignum, admet que la filière est dans l’ensemble plutôt défavorable au projet mais l’information est d’autant plus importante. La population est prête à l’utilisation du bois suisse. L’heure est aux circuits courts, aux produits de proximité, aux matériaux écologiques, nécessitant peu d’énergie. Le projet a des avantages et des désavantages pour la filière du bois, il faudra donc que les différents acteurs trouvent ensemble des solutions.

Anne Marion Freiss, présidente, remercie les intervenants avant d’ouvrir le débat. Aux inquiétudes, Daniel Brélaz, ancien syndic de Lausanne et conseiller national, répond que la valorisation agricole se fait par le biais des produits locaux vendus en circuit
court. Quant à Mousse Boulanger, elle aura le mot de la fin: «C’est un beau projet de société qui implique forcément des changements».

La visite du zoo en soirée est un univers bien différent. Le calme revenu, les animaux se montrent surpris et intrigués par le groupe. «C’est la raison pour laquelle je n’organise que rarement ce type de visite, de façon à laisser les animaux en paix», confirme Roland Bulliard. Un couple de lynx mettra quelques secondes (le temps de prendre une photo) avant de disparaître dans la végétation. La soirée s’est prolongée devant un buffet préparé par L’Armoire à Brume de Servion. L’occasion de prolonger les discussions dans une ambiance très agréable.

Dany Schaer

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