Les sentiers de la forêt du Jorat pourraient faire l’objet d’un parcours didactique selon une proposition citoyenne (photo: Maxime Rebord).

Les résultats des ateliers participatifs ayant permis aux habitants d’exprimer leurs suggestions ont été présentés au public. Renforcement de la filière bois, développement de l’agritourisme, ouverture de magasins avec des produits locaux issus du terroir ou organisation d’un circuit didactique font partie des souhaits. Une rencontre avec les opposants au projet est par ailleurs prévue.

A quelques encablures de Lausanne, une réserve naturelle. Le rêve pour certains. Le cauchemar pour d’autres. L’association «Jorat, une terre à vivre au quotidien» (JUTAVAQ) esquisse son projet de parc périurbain avec les habitants de la région. Ce qu’elle s’est employée à faire à l’aide d’une première série d’ateliers en 2017, où les citoyens pouvaient soumettre leurs propositions. Entre fin février et début mars, quatre nouvelles soirées visaient à présenter le résultat des idées du public.

En vrac, le renforcement de la filière bois, le développement de l’agritourisme, l’ouverture de magasins avec des produits locaux issus du terroir, l’organisation d’un circuit didactique, l’implication des sociétés de jeunesse locales, etc. De manière générale, les suggestions de la population sont positives et dans l’esprit de JUTAVAQ. La plupart sont intégrées au concept. «Elles correspondent assez au rôle du parc, précise Sophie Chanel, cheffe de projet. La promotion du patrimoine, la sensibilisation à l’environnement ou l’accueil et l’information à proximité de la forêt.»

Pas de fermeture de route
Seules quatre propositions ont eu droit au feu rouge. La volonté de laisser les triages exploiter davantage de bois par exemple, puisque sa gestion est cadrée par le canton et les quantités sont fixées dans le cadre des plans des gestion communaux. La fermeture de certaines routes ne peut pas non plus être intégrée au programme, car le réseau de mobilité individuel dépend des stratégies communales et cantonales. En revanche, un soutien sera apporté pour le développement des transports publics et il faudra canaliser les visiteurs. Reste l’impossibilité de créer de l’énergie associée à l’image du parc, ce dernier ne pouvant pas produire lui-même du courant vert.

Rencontre avec les opposants
En outre, concernant l’exploitation forestière, JUTAVAQ a reçu les résultats d’une étude menée l’année dernière. Avec le parc, 10% du potentiel exploitable annuellement, situé uniquement en forêt publique, serait compris dans la zone centrale. En 2018, la commission bois, économie et tourisme poursuit son travail sur l’incidence du projet de réserve périurbaine sur l’organisation des groupements forestiers de la région et comment renforcer la filière bois joratoise. «Le but est d’avoir une logique régionale», souligne Sophie Chanel.

Si l’association et une partie des habitants semblent acquis à la cause, un comité s’est formé fin 2017 pour s’y opposer. A l’heure de l’écriture de ces lignes, une rencontre est prévue entre JUTAVAQ et les membres de Parque pas mon Jorat, la société contestant le projet. «Nous allons pouvoir discuter de leurs préoccupations autour des restrictions», avance Sophie Chanel.

Valérie Blom

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